—Oh! mon Dieu! dit Tison effrayé, que me dites-vous donc là, vous autres? Comment! je ne reverrais plus ma fille que lorsque je sortirais?

—Tu ne sortiras plus, dit Santerre.

Tison regarda autour de lui sans arrêter sur aucun objet son œil hagard; et soudain:

—Je ne sortirai plus! s'écria-t-il. Ah! c'est comme cela? Eh bien! je veux sortir pour tout à fait, moi. Je donne ma démission; je ne suis pas un traître, un aristocrate, moi, pour qu'on me retienne en prison. Je vous dis que je veux sortir.

—Citoyen, dit Santerre, obéis aux ordres de la Commune, et tais-toi, ou tu pourrais mal t'en trouver, c'est moi qui te le dis. Reste ici et surveille ce qui s'y passe. On a l'œil sur toi, je t'en préviens.

Pendant ce temps, la reine, qui se croyait oubliée, se rassérénait peu à peu et replaçait son fils dans son lit.

—Fais monter ta femme, dit le municipal à Tison. Celui-ci obéit, sans mot dire. Les menaces de Santerre l'avaient rendu doux comme un agneau. La femme Tison monta.

—Viens ici, citoyenne, dit Santerre; nous allons passer dans l'antichambre, et pendant ce temps, tu fouilleras les détenues.

—Dis donc, femme, dit Tison, ils ne veulent plus laisser venir notre fille au Temple.

—Comment! ils ne veulent plus laisser venir notre fille?