—Je ne crois rien, citoyenne Capet, dit l'horrible femme en grinçant des dents, si ce n'est que, c'est toi qui es cause de tous les malheurs du peuple. Aussi, que je trouve quelque chose de suspect sur toi, et tu verras.

Quatre hommes restèrent à la porte pour prêter main-forte à la femme Tison, si la reine résistait. On commença par la reine.

On trouva sur elle un mouchoir noué de trois nœuds, qui semblait malheureusement une réponse préparée à celui dont avait parlé Tison, un crayon, un scapulaire et de la cire à cacheter.

—Ah! je le savais bien, dit la femme Tison; je l'avais bien dit aux municipaux, qu'elle écrivait, l'Autrichienne! L'autre jour, j'avais trouvé une goutte de cire sur la bobèche du chandelier.

—Oh! madame, dit la reine avec un accent suppliant, ne montrez que le scapulaire.

—Ah bien, oui, dit la femme, de la pitié pour toi!... Est-ce qu'on en a pour moi, de la pitié?... On me prend ma fille. Madame Élisabeth et madame Royale n'avaient rien sur elles.

La femme Tison rappela les municipaux, qui rentrèrent, Santerre à leur tête; elle leur remit les objets trouvés sur la reine, qui passèrent de main en main et furent l'objet d'un nombre infini de conjectures: le mouchoir noué de trois nœuds, surtout, exerça longuement l'imagination des persécuteurs de la race royale.

—Maintenant, dit Santerre, nous allons te lire l'arrêté de la Convention.

—Quel arrêté? demanda la reine.

—L'arrêté qui ordonne que tu seras séparée de ton fils.