—Par où?
—Par les toits.
Et Simiane, empoignant cette espèce d'éventail de fer que nous avons indiqué comme séparant les fenêtres du salon des fenêtres de la chambre à coucher, se mit à grimper à la manière de ces singes qui vont au bout d'une corde chercher un sou au troisième étage.
—Monseigneur, s'écria madame de Sabran, s'élançant sur le balcon et saisissant le prince par le bras, j'espère bien que vous ne le suivrez pas.
—Je ne le suivrai pas? dit le régent en se débarrassant de la marquise; savez-vous que j'ai pour principe que tout ce qu'un autre essaiera, moi, je puis le faire? Qu'il monte à la lune, et le diable m'emporte! si je n'arrive pas pour frapper à la porte en même temps que lui. As-tu parié pour moi, Ravanne?
—Oui; mon prince, répondit le jeune homme en riant de tout son cœur.
—Eh bien! alors, embrasse, tu as gagné.
Et le régent s'élança à son tour aux barreaux de fer, grimpant derrière Simiane, qui, agile, long et mince comme il était, fut en un instant sur la terrasse.
—Mais j'espère que vous restez, vous au moins, Ravanne? dit la marquise.
—Le temps de ramasser votre enjeu, répondit le jeune homme en appliquant un baiser sur les belles joues fraîches de madame de Sabran; et maintenant, continua-t-il adieu, madame la marquise, je suis page de monseigneur, vous comprenez qu'il faut que je le suive.