—Je ne suis ni votre petit père, ni votre bon ami, murmura Buvat en secouant la tête, et en regardant la jeune fille avec une bonhomie admirable; je suis tout simplement le pauvre Buvat, que le roi ne paie plus, et qui ne gagne point assez avec son écriture pour continuer de vous donner l'éducation qui convient à une demoiselle comme vous.

Et il laissa tomber ses bras avec un tel découragement, que sa canne lui échappa des mains.

—Oh! mais, vous voulez donc à votre tour me faire mourir de chagrin? s'écria Bathilde en éclatant en sanglots, tant la douleur de Buvat se peignait sur son visage.

—Moi, te faire mourir de chagrin, mon enfant! s'écria Buvat, avec un accent de profonde tendresse. Qu'est-ce que j'ai donc dit? Qu'est-ce que j'ai donc fait?

Et Buvat joignit les mains, et fut prêt à tomber à genoux devant elle.

—À la bonne heure! dit Bathilde, voilà comme je vous aime, petit père; c'est quand vous tutoyez votre fille; mais quand vous ne me tutoyez pas, il me semble que vous êtes fâché contre moi, et alors je pleure.

—Mais je ne veux pas que tu pleures, moi! dit Buvat. Eh bien! il ne manquerait plus que cela, de te voir pleurer!

—Alors, dit Bathilde, je pleurerai toujours si vous ne me laissez pas faire ce que je veux.

Cette menace de Bathilde toute puérile qu'elle était, fit frissonner Buvat depuis la pointe du pied jusqu'à la racine des cheveux; car depuis le jour où l'enfant pleurait sa mère, pas une larme n'était tombée des yeux de la jeune fille.

—Eh bien! dit Buvat, fais donc comme tu veux, et ce que tu veux; mais promets-moi que le jour où le roi me payera mon arriéré....