—Comment! dit Buvat, tu ne te marieras jamais!

—Pourquoi me marier? demanda Bathilde. Est-ce que nous ne sommes pas heureux comme nous sommes?

—Si fait, nous sommes heureux! Sabre de bois! s'écria Buvat, je le crois bien que nous le sommes!

Sabre de bois était un honnête juron dont se servait Buvat dans les grandes occasions, et qui indiquait les inclinations pacifiques du bonhomme.

—Eh bien! continua Bathilde avec son sourire d'ange, si nous sommes heureux, restons comme nous sommes. Vous le savez, petit père, il ne faut pas tenter Dieu.

—Tiens, dit Buvat, embrasse-moi, mon enfant! Ah! c'est comme si tu venais de m'enlever Montmartre de dessus l'estomac!

—Vous ne désirez donc pas ce mariage? demanda Bathilde en posant ses lèvres sur le front du bonhomme.

—Moi! désirer ce mariage! dit Buvat; moi! désirer te voir la femme de ce petit gueux de Boniface! de ce satané chenapan que j'avais pris en grippe, je ne savais pas pourquoi! Je le sais maintenant!

—Si vous ne désirez pas ce mariage, pourquoi m'en parlez-vous?

—Parce que tu sais bien que je ne suis pas ton père, dit Buvat; parce que tu sais bien que je n'ai aucun droit sur toi; parce que tu sais bien que tu es libre.