—Une querelle! et pourquoi diable, mon cher? parce que je veux vous aplanir le chemin de la fortune, de la gloire et de l'amour peut-être! Ah! ce serait une monstrueuse ingratitude!

—Eh bien, non! soyons amis, l'abbé, reprit d'Harmental en lui tendant la main. Aussi bien ne serais-je pas fâché d'avoir quelques nouvelles.

—De quoi?

—Mais que sais-je! de la rue des Bons-Enfants, où il y a eu grand train, à ce qu'on m'a dit; de l'Arsenal, où je pense que madame du Maine donnait une soirée. Et même du régent, qui, si j'en crois un rêve que j'ai fait, est rentré au Palais-Royal fort tard et un peu agité.

—Eh bien! tout a été à merveille: le bruit de la rue des Bons-Enfants, si toutefois il y en a eu, est tout à fait calmé ce matin. Madame du Maine a une aussi grande reconnaissance pour ceux que des affaires importantes ont retenus loin de l'Arsenal, qu'elle a eu au fond du cœur, j'en suis sûr, du mépris pour ceux qui y sont venus. Enfin, le régent a déjà, comme d'habitude, en rêvant cette nuit qu'il était roi de France, oublié qu'il a failli hier au soir être prisonnier du roi d'Espagne. Maintenant c'est à recommencer.

—Ah! pardon, l'abbé, dit d'Harmental; mais avec votre permission, c'est le tour des autres. Je ne serais pas fâché de me reposer un peu, moi.

—Diable! voilà qui s'accorde mal avec la nouvelle que je vous apporte.

—Et quelle nouvelle m'apportez-vous?

—Qu'il a été décidé cette nuit que vous partiriez en poste ce matin pour la Bretagne.

—Pour la Bretagne, moi? Et que voulez-vous que j'aille faire en Bretagne?