—Cette lettre est-elle pour moi seule, ou peut-elle être lue tout haut?

—Mais nous avons affaire à des gens discrets, n'est-ce pas? dit Richelieu, regardant autour de lui avec un air d'indicible fatuité.

—Je le pense, reprit la duchesse; d'ailleurs la gravité de la situation....

La duchesse prit la lettre et lut:

«Monsieur le duc,

Je suis femme de parole: mon mari est enfin à la veille de partir pour le petit voyage que vous savez.

Demain, à onze heures, je ne serai chez moi que pour vous. Ne croyez pas que je me décide à cette démarche sans avoir mis tous les torts du côté de monsieur de Villeroy. Je commence à craindre pour lui que vous ne soyez chargé de le punir. Venez donc à l'heure convenue me prouver que je ne suis pas trop à blâmer de vous préférer à mon légitime seigneur et maître.»

—Ah! pardon! pardon de mon étourderie, madame la duchesse, ce n'est point cela que je voulais vous montrer; celle-là est celle d'avant-hier.

Attendez voici celle d'hier.

La duchesse du Maine prit la seconde lettre que lui présentait M. de Richelieu et lut: