—Je ne voudrais pas l'être comme elle, ma bonne Nanette.

—Comme elle, je ne dis pas. D'ailleurs, ce n'est pas le roi que vous aimez, n'est-ce pas, notre demoiselle?

—Je n'aime personne, Nanette.

—Je suis trop honnête pour vous démentir, mademoiselle. Mais n'importe, voyez-vous, vous avez l'air malade et le premier remède pour une jeunesse qui souffre c'est l'air, c'est le soleil. Voyez les pauvres fleurs, quand on les enferme, elles font comme vous, elles pâlissent. Laissez-moi ouvrir la fenêtre, mademoiselle.

—Nanette, je vous le défends. Allez à vos affaires, et laissez-moi.

—Je m'en vais, mademoiselle, je m'en vais, puisque vous me chassez, dit Nanette en portant le coin de son tablier au coin de son œil. Mais à la place de ce jeune homme, je sais bien ce que je ferais.

—Et que feriez-vous?

—Je viendrais m'expliquer moi-même, et je suis bien sûre que, quand même il aurait un tort, vous l'excuseriez.

—Nanette, dit Bathilde en tressaillant, s'il vient, je vous défends de le recevoir, entendez-vous?

—C'est bien, mademoiselle, on ne le recevra point, quoique ce ne soit pas très poli de mettre les gens à la porte.