—Et vous m'assurez, messieurs, dit le maréchal, que monseigneur le régent a les copies de ces lettres?
—Sur ma parole d'honneur! dit d'Artagnan.
—Foi de gentilhomme! dit Lafare.
—En ce cas, messieurs, reprit Villeroy, je ne vois pas pourquoi j'essayerais de soustraire ces lettres, qui d'ailleurs ne me regardent aucunement et que je ne m'étais chargé de remettre que par complaisance.
—Nous savons cela, monsieur le maréchal, dit Lafare.
—Seulement, ajouta le maréchal, j'espère, messieurs, que vous ferez valoir près de Son Altesse Royale la facilité avec laquelle je me suis soumis à ses ordres, et le regret bien sincère que j'ai de l'avoir offensée.
—N'en doutez pas, monsieur le maréchal, toute chose sera rapportée comme elle s'est passée; mais ces lettres?
—Les voici, monsieur, dit le maréchal en donnant les deux lettres à Lafare.
Lafare leva un cachet volant aux armes d'Espagne, et s'assura que c'étaient bien les papiers qu'il avait mission de prendre; puis, après s'être assuré également qu'il n'y avait pas d'erreur.
—Mon cher d'Artagnan, dit-il, conduisez maintenant monsieur le maréchal à sa destination, et recommandez, je vous prie, au nom de monseigneur le régent, aux personnes qui auront l'honneur de l'accompagner, avec vous, d'avoir pour lui tous les égards dus à son mérite.