—Vous, mon cher chevalier, vous avez fait ce que vous aviez à faire. Au tour des autres!
—Non point, s'il vous plaît, Valef; il y va de mon honneur, car j'ai une revanche à prendre. Vous me désobligeriez donc infiniment en insistant sur ce sujet.
—Tout ce que je puis faire pour vous, mon cher d'Harmental, répondit Valef, c'est de laisser la chose au choix de Son Altesse. Elle sait qu'elle a en nous deux cœurs également dévoués. Qu'elle décide.
—Acceptez-vous mon arbitrage, chevalier? dit la Duchesse.
—Oui, car j'espère en votre justice, madame, dit le chevalier.
—Et vous avez raison. Oui, l'honneur de l'entreprise vous appartient. Oui, je remets entre vos mains le sort du fils de Louis XIV et de la petite-fille du grand Condé; oui, je m'en rapporte entièrement à votre dévouement et à votre courage, et j'espère d'autant plus que vous réussirez cette fois-ci que la fortune vous doit un dédommagement. À vous donc, mon cher d'Harmental, tout le péril; mais aussi à vous tout l'honneur!
—J'accepte l'un et l'autre avec reconnaissance, madame, dit d'Harmental en baisant respectueusement la main que lui tendait la duchesse; et demain, à pareille heure, ou je serai mort ou le régent sera sur la route d'Espagne.
—À la bonne heure, dit Pompadour, voilà ce qui s'appelle parler et si vous avez besoin de quelqu'un pour vous donner un coup de main, mon cher chevalier, comptez sur moi.
—Et sur moi, dit Valef.
—Et nous donc, dit Malezieux, ne sommes-nous bons à rien?