—Oui, vous avez raison, capitaine, s'écria le chevalier, en désarmant les pistolets et en les passant à sa ceinture, et je vous tuerai plus honorablement que vous ne le méritez. Flamberge au vent, monsieur, flamberge au vent!
Et d'Harmental, appuyant son pied gauche contre la porte tira son épée et se mit en garde.
C'était une épée de cour, un mince filet d'acier monté dans une garde d'or.
Roquefinette se mit à rire.
—Et avec quoi me défendrai-je? dit-il en regardant autour de lui. N'avez vous pas ici par hasard les aiguilles à tricoter de votre maîtresse, chevalier?
—Défendez-vous avec l'épée que vous portez au côté monsieur! répondit d'Harmental. Si longue qu'elle soit, vous voyez que je me suis posé de façon à ne pas faire un pas pour m'en éloigner.
—Que penses-tu de cela, Colichemarde? dit le capitaine s'adressant d'un ton goguenard à l'illustre lame qui avait gardé le nom que lui avait donné Ravanne.
—Elle pense que vous êtes un lâche, capitaine, s'écria d'Harmental, puisqu'il faut vous couper la figure pour vous faire battre.
Alors, d'un mouvement rapide comme l'éclair, d'Harmental sangla le visage du capitaine avec son carrelet, lui laissant sur la joue une trace bleuâtre pareille à la marque d'un coup de fouet.
Roquefinette poussa un cri qu'on eût pu prendre pour le rugissement d'un lion; puis, faisant un bond en arrière il retomba en garde et l'épée à la main.