Buvat regarda d'un air hébété monsieur Philippe et le page, mais comme celui-ci ne comprenait rien à son hésitation, il lui renouvela une seconde fois l'invitation de le suivre. Il obéit en tirant son mouchoir de sa poche et en essuyant l'eau qui lui coulait à grosses gouttes du front.

À la porte la sentinelle voulut arrêter Buvat.

—Par ordre de Son Altesse Royale monseigneur le régent, monsieur est libre, dit Ravanne.

Le soldat présenta les armes et laissa passer.

Buvat crut qu'il allait avoir un coup de sang; il sentit les jambes qui lui manquaient, et s'appuya contre la muraille.

—Qu'avez-vous donc, monsieur? lui demanda son guide.

—Pardon, monsieur, balbutia Buvat mais est-ce que par hasard la personne à laquelle je viens d'avoir l'honneur de parler serait....

—Monseigneur le régent en personne, reprit Ravanne.

—Pas possible! s'écria Buvat.

—Très possible! au contraire, répondit le jeune homme, et la preuve, c'est que cela est ainsi.