—Oh! monsieur, s'écria madame Denis en fondant en larmes, je suis bien malheureuse!
—Allons, ne pleure pas, mère Denis! Tu es déjà assez mouillée, dit Boniface. Va plutôt changer de chemise; il n'y a rien de mauvais pour la santé comme d'avoir une chemise qui colle sur le dos.
—Cet enfant est plein de sens, dit Brigaud, et je crois que vous feriez bien de suivre son conseil, madame Denis.
—Si j'osais joindre mes instances à celles de l'abbé, reprit d'Harmental je vous prierais madame, de ne pas vous gêner pour nous. D'ailleurs le moment était venu de nous retirer, et nous allons prendre congé de vous.
—Et vous aussi, l'abbé? dit madame Denis en jetant un regard de détresse sur Brigaud.
—Moi, dit Brigaud, qui ne se souciait pas à ce qu'il paraît du rôle de consolateur, je suis attendu à l'hôtel Colbert et il faut absolument que je vous quitte.
—Adieu donc, messieurs, dit madame Denis en faisant une révérence à laquelle le liquide, versé par en haut, et qui commençait à couler par en bas, ôtait beaucoup de sa majesté.
—Adieu, la mère, dit Boniface en allant jeter avec l'assurance d'un enfant gâté ses deux bras autour du cou de madame Denis. Vous n'avez rien à faire dire à maître Joulu?
—Adieu, mauvais sujet! répondit la pauvre femme en embrassant son fils, moitié souriante déjà et moitié fâchée encore, mais cédant à cette attraction à laquelle une mère ne peut résister. Adieu, et soyez sage!
—Comme une image, mère Denis; mais à la condition que tu nous feras un petit plat de douceurs pour le dîner, hein?