—Monsieur, monsieur, dit en allemand Andrée, un mot, un mot encore, s'il vous plaît.
—À vos ordres, madame, répliqua l'officier visiblement contrarié, mais conservant dans son air, dans son ton et jusque dans l'accent de sa voix la plus exquise politesse.
—Monsieur, continua Andrée, vous ne pouvez nous refuser une grâce après tant de services que vous nous avez déjà rendus.
—Parlez.
—Eh bien! nous vous l'avouerons, nous avons peur de ce cocher, qui a si mal entamé la négociation.
—Vous avez tort de vous alarmer, dit-il; je sais son numéro, 107, la lettre de sa régie, Z. S'il vous causait quelque contrariété, adressez-vous à moi.
—À vous! dit en français Andrée qui s'oublia; comment voulez-vous que nous nous adressions à vous, nous ne savons pas même votre nom.
Le jeune homme fit un pas en arrière.
—Vous parlez français, s'écria-t-il stupéfait, vous parlez français, et vous me condamnez, depuis une demi-heure, à écorcher l'allemand! Oh! vraiment, madame, c'est mal.
—Excusez, monsieur, reprit en français l'autre dame, qui vint bravement au secours de sa compagne interdite. Vous voyez bien, monsieur, que, sans être étrangères peut-être, nous nous trouvons dépaysées dans Paris, dépaysées dans un fiacre surtout. Vous êtes assez homme du monde pour comprendre que nous ne nous trouvons pas dans une position naturelle. Ne nous obliger qu'à moitié, ce serait nous désobliger. Être moins discret que vous ne l'avez été jusqu'à présent, ce serait être indiscret. Nous vous jugeons bien, monsieur; veuillez ne pas nous juger mal; et, si vous pouvez nous rendre service, eh bien! faites-le sans réserve, ou permettez-nous de vous remercier et de chercher un autre appui.