—Eh bien! une pension. Une pension honorable pour elle, un régiment pour son mari, un état enfin pour des rejetons de souche royale.

—Oh! doucement, doucement, madame. Diable! comme vous y allez. La petite Valois m'arrachera toujours bien assez de plumes sans que vous vous mettiez à l'aider; elle a bon bec, la petite Valois, allez!

—Oh! je ne crains pas pour vous, sire; vos plumes tiennent fort.

—Une pension honorable, Dieu merci! Comme vous y allez, madame! Savez-vous quelle saignée terrible cet hiver a faite à ma cassette? Un régiment à ce petit gendarme qui a fait la spéculation d'épouser une Valois! Eh! je n'en ai plus de régiment à donner, madame, même à ceux qui les paient et qui les méritent. Un état digne des rois dont ils descendent, à ces mendiants! Allons donc! quand nous autres rois nous n'avons plus même un état digne des riches particuliers! M. le duc d'Orléans a envoyé ses chevaux et ses meutes en Angleterre pour les faire vendre, et supprimé les deux tiers de sa maison. J'ai supprimé ma louveterie, moi. M. de Saint-Germain m'a fait réformer ma maison militaire. Nous vivons de privations, tous, grands et petits, ma chère.

—Mais cependant, sire, des Valois ne peuvent mourir de faim!

—Ne m'avez-vous pas dit que vous aviez donné cent louis?

—La belle aumône!

—C'est royal.

—Donnez-en autant, alors.

—Je m'en garderai bien. Ce que vous avez donné suffit pour nous deux.