Mais celui-ci avait reçu un message du duc d'Orléans, son protecteur, et avait quitté le champ de bataille.
Philippe, un peu triste, un peu las, presque effrayé lui-même de ce qui venait de se passer, était resté immobile à sa place, suivant des yeux le traîneau de la reine qui s'éloignait, lorsqu'il sentit quelque chose qui lui effleurait les flancs.
Il se retourna et reconnut son père.
Le petit vieillard, tout ratatiné comme un homme d'Hoffmann, tout enveloppé de fourrures comme un Samoyède, avait heurté son fils avec le coude pour ne pas sortir ses mains du manchon qu'il portait à son col.
Son œil, dilaté par le froid ou par la joie, parut flamboyant à Philippe.
—Vous ne m'embrassez pas, mon fils? dit-il.
Et il prononça ces paroles du ton que le père de l'athlète grec dut prendre pour remercier son fils de la victoire remportée dans le cirque.
—Mon cher père, de tout mon cœur, répliqua Philippe.
Mais on pouvait comprendre qu'il n'y avait aucune harmonie entre l'accent des paroles et leur signification.
—Là, là, et maintenant que vous m'avez embrassé, allez, allez vite.