On pouvait voir dans la cour les mêmes commis vêtus court et étroit de bure et de camelot, leurs petits mollets à l'air sous des bas quelque peu riants. Ils s'occupaient à restaurer, avec les plus vieux meubles, les moins vieux, ou, pour mieux dire, éventrer sofas, fauteuils et carreaux antiques, pour en tirer le crin et la plume qui devaient servir à rembourrer leurs successeurs.
L'un cardait le crin, le mélangeait généreusement d'étoupes et en bourrait un nouveau meuble.
L'autre lessivait de bons fauteuils.
Un troisième repassait des étoffes nettoyées avec des savons aromatiques.
Et l'on composait de ces vieux ingrédients les meubles d'occasion si beaux que Mme de La Motte admirait en ce moment.
M. Fingret, s'apercevant que sa pratique pouvait voir les opérations de ses commis et comprendre moins favorablement l'occasion qu'il n'était expédient à ses intérêts, ferma une porte vitrée donnant sur la cour, de crainte que la poussière n'aveuglât Madame...
Sur ce Madame... il s'arrêta.
C'était une interrogation.
—Mme la comtesse de La Motte Valois, répliqua nonchalamment Jeanne.
On vit alors sur ce titre bien sonnant M. Fingret dissoudre ses ongles, mettre sa clef dans sa poche et se rapprocher.