Le gazetier se mit à rire.
—Et la Bastille? dit-il.
—Allons donc! Est-ce qu'il n'y a pas les anagrammes, à l'aide desquelles on évite tous les censeurs royaux? Je vous demande un peu si jamais un censeur vous interdira de raconter l'histoire du prince Silou et de la princesse Etteniotna, souveraine de Narfec? Hein! qu'en dites-vous?
—Oh! oui, s'écria le gazetier enflammé, l'idée est admirable.
—Et je vous prie de croire qu'un chapitre intitulé: Les crises de la princesse Etteniotna chez le fakir Remsem obtiendrait un joli succès dans les salons.
—Je le crois comme vous.
—Allez donc, et rédigez-nous cela de votre meilleure encre.
Le gazetier serra la main de l'inconnu.
—Vous enverrai-je quelques numéros? dit-il; je le ferai avec bien du plaisir, s'il vous plaît de me dire votre nom.
—Certes, oui! L'idée me ravit, et exécutée par vous, elle gagnera cent pour cent. À combien tirez-vous ordinairement vos petits pamphlets?