Oliva, au bout de quelques minutes, hasarda une question.
—Silence! dit l'inconnu, ou plutôt parlez, si vous voulez, tant que vous voudrez; mais ne me forcez pas à répondre. Seulement, tout en parlant, déguisez votre voix, tenez la tête droite, et grattez-vous le col avec votre éventail.
Elle obéit.
En ce moment, nos deux promeneurs passaient contre un groupe tout parfumé, au centre duquel un homme d'une taille élégante, d'une tournure svelte et libre, parlait à trois compagnons, qui paraissaient l'écouter respectueusement.
—Qui donc est ce jeune homme? demanda Oliva. Oh! le charmant domino gris perle.
—C'est M. le comte d'Artois, répondit l'inconnu, mais ne parlez plus, par grâce!
[Chapitre XXIV]
[Le bal de l'Opéra—(suite)]
Au moment où Oliva, toute stupéfaite du grand nom que venait de proférer son domino bleu, se rangeait pour mieux voir et se tenait droite, suivant la recommandation plusieurs fois répétée, deux autres dominos, se débarrassant d'un groupe bavard et bruyant, se réfugièrent près du pourtour, à un endroit où les banquettes manquaient.