Un cri d'étonnement sortit de toutes les bouches.
La conversation en était venue à ce point que chaque minute faisait grandir l'intérêt; on eût dit, à l'air grave, solennel et presque anxieux avec lequel les assistants interrogeaient Cagliostro, soit de la voix, soit du regard, qu'il s'agissait des prédictions infaillibles d'un oracle antique.
Au milieu de cette préoccupation, M. de Favras, résumant le sentiment général, se leva, fit un signe, et s'en alla sur la pointe du pied écouter dans les antichambres si quelque valet ne guettait pas.
Mais c'était, nous l'avons dit, une maison bien tenue que celle de M. le maréchal de Richelieu, et M. de Favras ne trouva dans l'antichambre qu'un vieil intendant qui, sévère comme une sentinelle à un poste perdu, défendait les abords de la salle à manger à l'heure solennelle du dessert.
Il revint prendre sa place, et s'assit en faisant signe aux convives qu'ils étaient bien seuls.
—En ce cas, dit Mme du Barry, répondant à l'assurance de M. de Favras comme si elle eût été émise à haute voix, en ce cas, racontez-nous ce qui attend ce pauvre La Pérouse.
Cagliostro secoua la tête.
—Voyons, voyons, monsieur de Cagliostro! dirent les hommes.
—Oui, nous vous en prions du moins.
—Eh bien, M. de La Pérouse part, comme il vous l'a dit, dans l'intention de faire le tour du monde, et pour continuer les voyages de Cook, du pauvre Cook! vous le savez, assassiné aux îles Sandwich.