[Chapitre XXVII]
[L'ambassadeur]
Le lendemain, vers le soir, une chaise de voyage arrivait par la barrière d'Enfer, assez poudreuse, assez éclaboussée pour que nul ne pût distinguer les armoiries.
Les quatre chevaux qui la menaient brûlaient le pavé; les postillons, comme on dit, allaient un train de prince.
La chaise s'arrêta devant un hôtel d'assez belle apparence, dans la rue de la Jussienne.
Sur la porte même de cet hôtel, deux hommes attendaient; l'un, d'une mise assez recherchée pour annoncer la cérémonie; l'autre, dans une sorte de livrée banale comme en ont eu de tout temps les officiers publics des différentes administrations parisiennes.
Autrement dit, ce dernier ressemblait à un suisse en costume d'apparat.
La chaise pénétra dans l'hôtel, dont les portes furent aussitôt fermées au nez de plusieurs curieux.
L'homme aux habits de cérémonie s'approcha très respectueusement de la portière et, d'une voix un peu chevrotante, il entama une harangue en langue portugaise.