—Parlez français, cher monsieur, cela vous mettra plus à l'aise, et moi aussi.

—Oui, oui, murmura le chancelier, je serai plus à l'aise, car je vous avouerai, monsieur le secrétaire, que ma prononciation...

—Je le vois bien, répliqua Beausire avec aplomb.

—Je profiterai de cette occasion, monsieur le secrétaire, puisque je trouve en vous un homme si aimable, se hâta de dire le chancelier avec effusion, je profiterai, dis-je, de l'occasion, pour vous demander si vous croyez que M. de Souza ne m'en voudra pas d'écorcher ainsi le portugais?

—Pas du tout, pas du tout, si vous parlez le français purement.

—Moi! dit le chancelier joyeusement, moi! un Parisien de la rue Saint Honoré!

—Eh bien! c'est à ravir, dit Beausire. Comment vous nomme-t-on? Ducorneau, je crois?

—Ducorneau, oui, monsieur le secrétaire; nom assez heureux, car il a une terminaison espagnole, si l'on veut. Monsieur le secrétaire savait mon nom; c'est bien flatteur pour moi.

—Oui, vous êtes bien noté là-bas; si bien noté, que cette bonne réputation nous a empêchés d'amener un chancelier de Lisbonne.

—Oh! que de reconnaissance, monsieur le secrétaire, et quelle heureuse chance pour moi que la nomination de M. de Souza.