Disant ces mots, il fit voler, d'un revers de main, l'écrin sur le comptoir. Beausire n'eut pas besoin de traduire toutes les paroles, la pantomime avait suffi.

Bœhmer et Bossange se confondirent en excuses et dirent qu'en France on montrait des modèles de diamants, des semblants de parure, le tout pour satisfaire les honnêtes gens, mais pour ne pas allécher ou tenter les voleurs.

M. de Souza fit un geste énergique et marcha vers la porte aux yeux des marchands inquiets.

—Son Excellence me charge de vous dire, poursuivit Beausire, qu'il est fâcheux que des gens qui portent le titre de joailliers de la couronne de France en soient à distinguer un ambassadeur d'avec un gredin, et Son Excellence se retire à son hôtel.

MM. Bœhmer et Bossange se firent un signe, et s'inclinèrent en protestant de nouveau de tout leur respect.

M. de Souza leur faillit marcher sur les pieds et sortit.

Les marchands se regardèrent, décidément inquiets et courbés jusqu'à terre.

Beausire suivit fièrement son maître.

La vieille ouvrit les serrures de la porte.

—À l'hôtel de l'ambassade, rue de la Jussienne! cria Beausire au valet de chambre.