—Vous comprenez, cher chancelier, qu'un homme tel que M. de Souza n'est pas un ambassadeur ordinaire.
—Je m'en suis aperçu, dit le chancelier.
—Son Excellence, poursuivit Beausire, veut occuper une place distinguée à Paris, parmi les riches et les gens de goût, c'est vous dire que le séjour de ce vilain hôtel, rue de la Jussienne, n'est pas supportable pour lui; en conséquence, il s'agirait de trouver une autre résidence particulière pour M. de Souza.
—Cela compliquera les relations diplomatiques, dit le chancelier; nous aurons à courir beaucoup pour les signatures.
—Eh! Son Excellence vous donnera un carrosse, cher monsieur Ducorneau, répondit Beausire.
Ducorneau faillit s'évanouir de joie.
—Un carrosse à moi! s'écria-t-il.
—Il est fâcheux que vous n'en ayez pas l'habitude, continua Beausire; un chancelier d'ambassade un peu digne doit avoir son carrosse; mais nous parlerons de ce détail en temps et lieu. Pour le moment, rendons compte à M. l'ambassadeur de l'état des affaires étrangères. La caisse, où est-elle?
—Là-haut, monsieur, dans l'appartement même de M. l'ambassadeur.
—Si loin de vous?