Le journal était hebdomadaire.

C'est-à-dire que, pendant quatre jours, le sieur Réteau chassait l'article, le faisait imprimer pendant les trois autres jours, et menait du bon temps le jour de la publication du numéro.

La feuille venait de paraître le jour dont nous parlons, soixante-douze heures après le bal de l'Opéra, où Mlle Oliva avait pris tant de plaisir au bras du domino bleu.

M. Réteau, en se levant à huit heures, reçut de sa vieille servante le numéro du jour, encore humide et puant sous sa robe gris-rouge.

Il s'empressa de lire ce numéro avec le soin qu'un tendre père met à passer en revue les qualités ou les défauts de son fils chéri.

Puis quand il eut fini:

—Aldegonde, dit-il à la vieille, voilà un joli numéro; l'as-tu lu?

—Pas encore; ma soupe n'est pas finie, dit la vieille.

—Je suis content de ce numéro, dit le gazetier en élevant sur son maigre lit ses bras encore plus maigres.

—Oui, répliqua Aldegonde; mais savez-vous ce qu'on en dit à l'imprimerie?