Cette supériorité, laissant à Philippe tout son sang-froid, il en résulta que son jeu devint bientôt aussi calme que s'il eût été dans une salle d'armes, et, au lieu d'une épée, eût tenu un fleuret à la main.

Mais Philippe se contentait de parer, et le combat durait depuis plus d'une minute qu'il n'avait pas encore porté un seul coup.

—Vous me ménagez, monsieur, dit Charny; puis-je vous demander à quel propos?

Et masquant une feinte rapide, il se fendit à fond sur Philippe.

Mais Philippe enveloppa l'épée de son adversaire dans un contre encore plus rapide que la feinte, et le coup se trouva paré.

Quoique la parade de Taverney eût écarté l'épée de Charny de la ligne, Taverney ne riposta point.

Charny fit une reprise que Philippe écarta encore une fois, mais par une simple parade; Charny fut forcé de se relever rapidement.

Charny était plus jeune, plus ardent surtout; il avait honte, en sentant bouillir son sang, du calme de son adversaire; il voulut le forcer à sortir de ce calme.

—Je vous disais, monsieur, que nous n'avions touché ni l'un ni l'autre à la véritable cause du duel.

Philippe ne répondit pas.