—Ne niez pas, voici l'autographe du quatrain; votre écriture... hein! Je me connais mal en poésie, mais en écriture, oh! comme un expert...

—Sire, une folie en amène une autre.

—Monsieur de Provence, je vous assure qu'il n'y a eu folie que de votre part, et je m'étonne qu'un philosophe ait commis cette folie; gardons cette qualification à votre quatrain.

—Sire, Votre Majesté est dure pour moi.

—La peine du talion, mon frère. Au lieu de faire votre quatrain, vous auriez pu vous informer de ce qu'avait fait la reine; je l'ai fait, moi; et au lieu du quatrain contre elle, contre moi, par conséquent, vous eussiez écrit quelque madrigal pour votre belle-sœur. Après cela, direz-vous, ce n'est pas un sujet qui inspire; mais j'aime mieux une mauvaise épître qu'une bonne satire. Horace disait cela aussi, Horace, votre poète.

—Sire, vous m'accablez.

—N'eussiez-vous pas été sûr de l'innocence de la reine, comme je le suis, répéta le roi avec fermeté, vous eussiez bien fait de relire votre Horace. N'est-ce pas lui qui a dit ces belles paroles? Pardon, j'écorche le latin:

Rectius hoc est:
Hoc faciens vivum melius, sic dulcis amicis occuram.

«Cela est mieux; si je le fais, je serai plus honnête; si je le fais, je serai bon pour mes amis.»

Vous traduiriez plus élégamment, vous mon frère, mais je crois que c'est là le sens.