Bœhmer persista.
L'ambassadeur, toujours par l'entremise de Beausire, répondit que son gouvernement avait ou devait avoir connaissance de la conclusion du marché; que le rompre, c'était exposer Sa Majesté portugaise à un quasi-affront.
Monsieur Bœhmer objecta qu'il avait pesé toutes les conséquences de ces réflexions, mais que revenir à ses premières idées lui était devenu impossible.
Beausire ne se décidait pas à accepter la rupture: il déclara tout net à Bœhmer que se dédire était d'un mauvais négociant, d'un homme sans parole.
Bossange prit alors la parole pour défendre le commerce incriminé dans sa personne et celle de son associé.
Mais il ne fut pas éloquent.
Beausire lui fit clore la bouche avec ce seul mot:
—Vous avez trouvé un enchérisseur?
Les joailliers, qui n'étaient pas extrêmement forts en politique, et qui avaient de la diplomatie en général et des diplomates portugais en particulier une idée excessivement haute, rougirent, se croyant pénétrés.
Beausire vit qu'il avait frappé juste; et comme il lui importait de finir cette affaire, dans laquelle il sentait toute une fortune, il feignit de consulter en portugais son ambassadeur.