—Monsieur, répondit le commandeur, j'apportais le courrier de ce matin.
—Bien! fit Beausire; allez.
Et, prenant ces dépêches, il renvoya le commandeur.
Ces dépêches étaient toute la correspondance de la chancellerie: lettres de Portugal ou d'Espagne, fort insignifiantes pour la plupart, qui faisaient le travail quotidien de monsieur Ducorneau, mais qui, passant toujours par les mains de Beausire ou de don Manoël avant d'aller à la chancellerie, avaient déjà fourni aux deux chefs d'utiles renseignements sur les affaires de l'ambassade.
Au mot dépêches que les joailliers entendirent, ils se levèrent soulagés, comme des gens qui viennent de recevoir leur congé, après une audience embarrassante.
On les laissa partir, et le valet de chambre reçut l'ordre de les accompagner jusque dans la cour.
À peine eût-il quitté l'escalier que don Manoël et Beausire, s'envoyant de ces regards qui entament vite une action, se rapprochèrent.
—Eh bien! dit don Manoël, l'affaire est manquée.
—Net, dit Beausire.
—Sur cent mille livres, vol médiocre, nous avons chacun 8 400 livres.