—Rien ne vous manquera ici, votre femme de chambre sera près de vous dans un quart d'heure. Bonsoir, mademoiselle.

Et il disparut, après avoir fait une grande révérence mitigée par un gracieux sourire.

La pauvre prisonnière tomba assise, consternée, anéantie sur le lit, tout prêt, qui attendait dans une élégante alcôve.

—Je ne comprends absolument rien à ce qui m'arrive, murmura-t-elle en suivant des yeux cet homme réellement incompréhensible pour elle.


[Chapitre LXIII]

[L'observatoire]

Oliva se mit au lit après le départ de la femme de chambre que lui envoyait Cagliostro.

Elle dormit peu, les pensées de toute nature qui naissaient de son entretien avec le comte ne lui donnèrent que rêves éveillés, inquiétudes somnolentes; on n'est plus heureux de longtemps quand on est trop riche ou trop tranquille, après avoir été trop pauvre ou trop agité.

Oliva plaignit Beausire, elle admira le comte qu'elle ne comprenait pas, elle ne le croyait plus timide, elle ne le soupçonnait pas insensible. Elle eut fort peur d'être troublée par quelque sylphe durant son sommeil, et les moindres bruits du parquet lui causèrent l'agitation connue de toute héroïne de roman, qui couche dans la tour du Nord.