Rien ne venait. Jeanne alla jusqu'à la porte en face.
Rien. Elle écouta en collant son oreille aux clous de fer à large tête.
Un quart d'heure passa ainsi; la demie de onze heures sonna.
Jeanne s'écarta jusqu'au boulevard pour voir de loin si les fenêtres s'éclairaient.
Il lui sembla voir se promener une clarté douce dans le vide des feuilles sous les doubles rideaux.
—Que fait-elle! mon Dieu! que fait-elle, la petite misérable? Elle n'a pas vu le signal, peut-être. Allons! du courage, remontons.
Et en effet, elle remonta chez elle pour faire jouer encore le télégraphe de ses bougies.
Aucun signe ne répondit aux siens.
«Il faut, se dit Jeanne en froissant ses manchettes avec rage, il faut que la drôlesse soit malade et ne puisse bouger. Oh! mais, qu'importe! vive ou morte, elle partira ce soir.»
Elle descendit encore son escalier avec la précipitation d'une lionne poursuivie. Elle tenait en main la clef qui tant de fois avait procuré à Oliva la liberté nocturne.