—Monsieur de Charny!... s'écria le roi à demi fou de colère et de honte; bien... bien.... Attendez-moi ici, comte, nous allons enfin savoir la vérité.
Et le roi s'élança hors de son cabinet.
[Chapitre LXXX]
[Une dernière accusation]
Au moment où le roi avait quitté la chambre de la reine, celle-ci courut au boudoir où monsieur de Charny avait pu tout entendre.
Elle en ouvrit la porte, et revint fermer elle-même celle de son appartement; puis, tombant sur un fauteuil, comme si elle eût été trop faible pour résister à de pareils chocs, elle attendit silencieusement ce que déciderait d'elle monsieur de Charny, son juge le plus redoutable.
Mais elle n'attendit pas longtemps; le comte sortit du boudoir plus triste et plus pâle qu'il n'avait jamais été.
—Eh bien? dit-elle.
—Madame, répliqua-t-il, vous voyez que tout s'oppose à ce que nous soyons amis. Si ce n'est pas ma conviction qui vous blesse, ce sera le bruit public désormais; avec le scandale qui est fait aujourd'hui, plus de repos pour moi, plus de trêve pour vous. Les ennemis, plus acharnés après cette première blessure qui vous est faite, viendront fondre sur vous pour boire le sang comme font les mouches sur la gazelle blessée....