Celle-ci répondit par une révérence et quitta le parloir, suivie de toutes ses religieuses.
La reine demeura seule assise avec Andrée, dont le cœur battait si fort qu'on eût pu l'entendre sans le bruit plus lent du balancier de la vieille horloge.
[Chapitre LXXXIII]
[Un cœur mort]
La reine commença l'entretien; c'était dans l'ordre.
—Vous voilà donc, mademoiselle, dit-elle avec un fin sourire; vous me faites une impression singulière, savez-vous, en religieuse.
Andrée ne répondit rien.
—Voir une ancienne compagne, poursuivit la reine, déjà perdue pour le monde où nous autres nous vivons encore, c'est comme un sévère conseil que nous donne la tombe. Est-ce que vous n'êtes pas de mon avis, mademoiselle?
—Madame, répliqua Andrée, qui donc se permettrait de donner des conseils à Votre Majesté? La mort elle-même n'avertira la reine que le jour où elle la prendra. En effet, comment ferait-elle autrement?