[Chapitre LXXXV]
[Le père et la fiancée]
Le salon de l'hôtel était situé dans le premier corps de logis, au rez-de-chaussée. À sa gauche était le boudoir, avec une sortie sur l'escalier, conduisant à l'appartement d'Andrée.
À sa droite, un autre petit salon par lequel on entrait dans le grand. Philippe arriva le premier dans le boudoir où attendait sa sœur. Il avait, une fois dans le vestibule, doublé le pas pour être plus tôt dans les bras de cette compagne chérie.
Aussitôt qu'il eut ouvert la double porte du boudoir, Andrée vint le prendre à son col et l'embrassa d'un air joyeux auquel n'était plus habitué, depuis longtemps, ce triste amant, ce malheureux frère.
—Bonté du ciel! que t'arrive-t-il donc? demanda le jeune homme à Andrée.
—Quelque chose d'heureux! oh! de bien heureux! mon frère.
—Et tu reviens pour me l'annoncer?
—Je reviens pour toujours! s'écria Andrée avec un transport de bonheur qui fit de son exclamation un cri éclatant.
—Plus bas, petite sœur, plus bas, dit Philippe; les lambris de cette maison ne sont plus habitués à la joie, et de plus, il y a là, dans ce salon à côté, ou il va s'y trouver, quelqu'un qui l'entendrait.