Beausire avait perdu la tête; il se laissa conduire bien plutôt qu'il ne conduisit.
Les agents, dès qu'ils aperçurent la petite maison, en louèrent l'élégance, la position, les arbres et la perspective, comme des gens de goût devaient le faire, et, en réalité, Beausire avait choisi un endroit charmant pour y poser le nid de ses amours.
C'était un vallon boisé coupé par une petite rivière; la maison s'élevait sur un talus au levant. Une guérite, sorte de clocheton sans cloche, servait d'observatoire à Beausire pour dominer la campagne, aux jours de spleen, alors que ses idées roses se fanaient et qu'il voyait des alguazils dans chaque laboureur penché sur la charrue.
D'un seul côté, cette habitation était visible et riante; des autres, elle disparaissait sous les bois et les plis du terrain.
—Comme on est bien caché là-dedans! lui dit un agent avec admiration.
Beausire frémit de la plaisanterie, et entra le premier dans sa maison, aux aboiements des chiens de cour.
Les agents l'y suivirent avec force cérémonies.