—C'est un garçon, dit le chirurgien, voilà tout ce que je sais.

Et quatre éclats de rire ponctuèrent ce mot, qui ne parut pas assez respectueux à Beausire.

—Il a bien un nom quelconque, fût-ce un nom de saint, ajouta le prêtre.

—Oui, la demoiselle a voulu qu'on l'appelât Toussaint.

—Ils y sont tous, alors! répliqua le prêtre en riant de son jeu de mots, ce qui emplit la sacristie d'une hilarité nouvelle.

Beausire commençait à perdre patience, mais la sage influence de l'Allemand le maintenait encore. Il se contint.

—Eh bien! dit le prêtre, avec ce prénom-là, avec tous saints pour patrons, on peut se passer de père. Écrivons: «Aujourd'hui, nous a été présenté un enfant du sexe masculin, né hier, à la Bastille, fils de Nicole-Oliva Legay et de... père inconnu.»

Beausire s'élança furieux aux côtés du prêtre, et lui retenant le poignet avec force:

—Toussaint a un père, s'écria-t-il, comme il a une mère! Il a un tendre père qui ne reniera point son sang. Écrivez, je vous prie, que Toussaint, né hier, de la demoiselle Nicole-Oliva Legay, est fils de Jean-Baptiste Toussaint de Beausire, ici présent!

Qu'on juge de la stupéfaction du prêtre, de celle du parrain et de la marraine! La plume tomba des mains du premier, l'enfant faillit tomber des bras de la sage-femme.