Jeanne s'arc-bouta dans un angle de la prison, en défiant du regard cette force publique, qu'elle avait cru être les baïonnettes dressées sur l'escalier derrière la porte.
Mais le greffier ne la fit pas ouvrir, cette porte; il fit signe aux deux hommes dont nous avons parlé, lesquels deux hommes s'approchèrent tranquillement comme ces machines de guerre, trapues et inébranlables, qu'on arme contre une muraille dans les sièges.
Un bras de chacun de ces hommes saisit Jeanne sous les épaules et la traîna au milieu de la salle, malgré ses cris et ses hurlements.
Le greffier s'assit impassible et attendit.
Jeanne ne voyait pas que pour se faire ainsi traîner, elle avait dû s'agenouiller aux trois quarts. Un mot du greffier l'en fit s'apercevoir.
—Bien comme cela, dit-il.
Aussitôt le ressort se détendit, Jeanne bondit à deux pieds du sol dans les bras des hommes qui la maintenaient.
—Il est bien inutile que vous criiez ainsi, dit le greffier, car on ne vous entend pas au-dehors, et ensuite vous n'entendrez pas la lecture que je dois vous faire de l'arrêt.
—Permettez que j'entende debout, et j'écouterai en silence, dit Jeanne haletante.
—Toutefois qu'un coupable est puni du fouet, dit le greffier, la punition est infamante et entraîne la génuflexion.