En même temps le bourreau déchirait, ne pouvant l'ouvrir, la robe de la comtesse; et tandis qu'il écartait d'une main tremblante l'étoffe en lambeaux, il essayait de prendre le fer ardent que lui offrait son aide.
Mais Jeanne se ruait sur cet homme, le faisant toujours reculer, car il n'osait la toucher; en sorte que le bourreau, désespérant de prendre l'outil sinistre, commençait à écouter si dans les rangs de la foule surgirait quelque anathème contre lui. L'amour-propre le préoccupait.
La foule, palpitante et commençant à admirer la vigoureuse défense de cette femme, frémissait d'une sourde impatience; le greffier avait descendu l'échelle; les soldats regardaient le spectacle: c'était un désordre, une confusion qui présentaient un aspect menaçant.
—Finissez-en! cria une voix partie du premier rang de la foule.
Voix impérieuse, que sans doute reconnut le bourreau, car, renversant Jeanne par un élan vigoureux, il la plia en deux et lui courba la tête avec sa main gauche.
Elle se releva, plus ardente que le fer dont on la menaçait, et, d'une voix qui domina tout le tumulte de la place, toutes les imprécations des maladroits bourreaux:
—Lâches Français! s'écria-t-elle, vous ne me défendez pas! Vous me laissez torturer!
—Taisez-vous! cria le greffier.
—Taisez-vous! cria le commissaire.
—Me taire!... Ah! bien oui! redit Jeanne, que me fera-t-on? Oui, je subis cette honte, c'est ma faute.