Quand les premiers rayons du jour eurent ramené un peu de clarté dans cet antre, le geôlier revint avec ordre de laisser le prisonnier où il était. Dantès n'avait point changé de place. Une main de fer semblait l'avoir cloué à l'endroit même où la veille il s'était arrêté: seulement son œil profond se cachait sous une enflure causée par la vapeur humide de ses larmes. Il était immobile et regardait la terre.
Il avait ainsi passé toute la nuit debout, et sans dormir un instant.
Le geôlier s'approcha de lui, tourna autour de lui, mais Dantès ne parut pas le voir.
Il lui frappa sur l'épaule, Dantès tressaillit et secoua la tête.
«N'avez-vous donc pas dormi, demanda le geôlier.
—Je ne sais pas», répondit Dantès.
Le geôlier le regarda avec étonnement.
«N'avez-vous pas faim? continua-t-il.
—Je ne sais pas, répondit encore Dantès.
—Voulez-vous quelque chose?