«Et ta mère... et ta sœur..., qui les nourrira?»

Un frisson courut par tout le corps du jeune homme.

«Mon père, dit-il, songez-vous que vous me dites de vivre?

—Oui, je te le dis, reprit Morrel, car c'est ton devoir; tu as l'esprit calme, fort, Maximilien.... Maximilien, tu n'es pas un homme ordinaire; je ne te commande rien, je ne t'ordonne rien, seulement je te dis: Examine ta situation comme si tu y étais étranger, et juge-la toi-même.»

Le jeune homme réfléchit un instant, puis une expression de résignation sublime passa dans ses yeux; seulement il ôta, d'un mouvement lent et triste, son épaulette et sa contre-épaulette, insignes de son grade.

«C'est bien, dit-il en tendant la main à Morrel, mourez en paix, mon père! je vivrai.»

Morrel fit un mouvement pour se jeter aux genoux de son fils. Maximilien l'attira à lui, et ces deux nobles cœurs battirent un instant l'un contre l'autre.

«Tu sais qu'il n'y a pas de ma faute?» dit Morrel.

Maximilien sourit.

«Je sais, mon père, que vous êtes le plus honnête homme que j'aie jamais connu.