—Qui vivent en léchant les pierres, dit Franz avec un sourire d'incrédulité.

—Non, mais en broutant les bruyères, les myrtes, les lentisques qui poussent dans leurs intervalles.

—Mais où coucherai-je?

—À terre dans les grottes, ou à bord dans votre manteau. D'ailleurs, si Son Excellence veut, nous pourrons partir aussitôt après la chasse; elle sait que nous faisons aussi bien voile la nuit que le jour, et qu'à défaut de la voile nous avons les rames.»

Comme il restait encore assez de temps à Franz pour rejoindre son compagnon, et qu'il n'avait plus à s'inquiéter de son logement à Rome, il accepta cette proposition de se dédommager de sa première chasse.

Sur sa réponse affirmative, les matelots échangèrent entre eux quelques paroles à voix basse.

«Eh bien, demanda-t-il, qu'avons-nous de nouveau? serait-il survenu quelque impossibilité?

—Non, reprit le patron; mais nous devons prévenir Votre Excellence que l'île est en contumace.

—Qu'est-ce que cela veut dire?

—Cela veut dire que, comme Monte-Cristo est inhabitée, et sert parfois de relâche à des contrebandiers et des pirates qui viennent de Corse, de Sardaigne ou d'Afrique, si un signe quelconque dénonce notre séjour dans l'île, nous serons forcés, à notre retour à Livourne, de faire une quarantaine de six jours.