—Leurs Excellences permettent? dit l'hôte.
—Pardieu! dit Albert, vous n'êtes pas un prédicateur, mon cher, pour parler debout.»
L'hôtelier s'assit, après avoir fait à chacun de ses futurs auditeurs un salut respectueux, lequel avait pour but d'indiquer qu'il était prêt à leur donner sur Luigi Vampa les renseignements qu'ils demandaient.
«Ah çà, fit Franz, arrêtant maître Pastrini au moment où il ouvrait la bouche, vous dites que vous avez connu Luigi Vampa tout enfant; c'est donc encore un jeune homme?
—Comment, un jeune homme! je crois bien; il a vingt-deux ans à peine! Oh! c'est un gaillard qui ira loin, soyez tranquille!
—Que dites-vous de cela, Albert? c'est beau, à vingt-deux ans, de s'être déjà fait une réputation, dit Franz.
—Oui, certes, et, à son âge, Alexandre, César et Napoléon, qui depuis ont fait un certain bruit dans le monde, n'étaient pas si avancés que lui.
—Ainsi, reprit Franz, s'adressant à son hôte, le héros dont nous allons entendre l'histoire n'a que vingt-deux ans.
—À peine, comme j'ai eu l'honneur de vous le dire.
—Est-il grand ou petit?