«—Mais mon père, demandai-je, comment voulez-vous que je vive et que je fasse vivre ma pauvre sœur?
«—Un de mes pénitents, me répondit-il, a une grande estime pour moi, et m'a chargé de lui chercher un homme de confiance. Voulez-vous être cet homme? je vous adresserai à lui.
«—Ô mon père! m'écriai-je, que de bonté!
«—Mais vous me jurez que je n'aurai jamais à me repentir.»
«J'étendis la main pour faire serment.
«—C'est inutile, dit-il, je connais et j'aime les Corses, voici ma recommandation.
«Et il écrivit les quelques lignes que je vous remis, et sur lesquelles Votre Excellence eut la bonté de me prendre à son service. Maintenant je le demande avec orgueil à Votre Excellence, a-t-elle jamais eu à se plaindre de moi?
—Non, répondit le comte; et, je le confesse avec plaisir, vous êtes un bon serviteur, Bertuccio, quoique vous manquiez de confiance.
—Moi, monsieur le comte!
—Oui, vous. Comment se fait-il que vous ayez une sœur et un fils adoptif, et que, cependant vous ne m'ayez jamais parlé ni de l'une ni de l'autre!