«Le vieillard ne prononça point une parole, seulement il devint pâle comme un spectre.
«—Maintenant, dit Carlini, si j'ai eu tort, venge-la.
«Et il arracha le couteau du sein de la jeune fille et, se levant, il l'alla offrir d'une main au vieillard tandis que de l'autre il écartait sa veste et lui présentait sa poitrine nue.
«—Tu as bien fait, lui dit le vieillard d'une voix sourde. Embrasse-moi, mon fils.
«Carlini se jeta en sanglotant dans les bras du père de sa maîtresse. C'étaient les premières larmes que versait cet homme de sang.
«—Maintenant, dit le vieillard à Carlini, aide-moi à enterrer ma fille.
«Carlini alla chercher deux pioches, et le père et l'amant se mirent à creuser la terre au pied d'un chêne dont les branches touffues devaient recouvrir la tombe de la jeune fille.
«Quand la tombe fut creusée, le père l'embrassa le premier, l'amant ensuite; puis, l'un la prenant par les pieds, l'autre par-dessous les épaules, ils la descendirent dans la fosse.
«Puis ils s'agenouillèrent des deux côtés et dirent les prières des morts.
«Puis, lorsqu'ils eurent fini, ils repoussèrent la terre sur le cadavre jusqu'à ce que la fosse fût comblée.