«Plusieurs jours s'écoulèrent sans que l'on revit Cucumetto, sans qu'on entendit reparler de lui.

«Le temps du carnaval approchait. Le comte de San-Felice annonça un grand bal masqué où tout ce que Rome avait de plus élégant fut invité.

«Teresa avait grande envie de voir ce bal. Luigi demanda à son protecteur l'intendant la permission pour elle et pour lui d'y assister cachés parmi les serviteurs de la maison. Cette permission lui fut accordée.

«Ce bal était surtout donné par le comte pour faire plaisir à sa fille Carmela, qu'il adorait.

«Carmela était juste de l'âge et de la taille de Teresa, et Teresa était au moins aussi belle que Carmela.

«Le soir du bal, Teresa mit sa plus belle toilette, ses plus riches aiguilles, ses plus brillantes verroteries. Elle avait le costume des femmes de Frascati.

«Luigi avait l'habit si pittoresque du paysan romain les jours de fête.

«Tous deux se mêlèrent, comme on l'avait permis, aux serviteurs et aux paysans.

«La fête était magnifique. Non seulement la villa était ardemment illuminée, mais des milliers de lanternes de couleur étaient suspendues aux arbres du jardin. Aussi bientôt le palais eut-il débordé sur les terrasses et les terrasses dans les allées.

«À chaque carrefour il y avait un orchestre, des buffets et des rafraîchissements; les promeneurs s'arrêtaient, les quadrilles se formaient et l'on dansait là où il plaisait de danser.