«—J'accepte, dit le voyageur; mais alors, c'est moi qui suis ton obligé, car ce poignard vaut plus de deux sequins.

«—Pour un marchand peut-être, mais pour moi, qui l'ai sculpté moi-même, il vaut à peine une piastre.

«—Comment t'appelles-tu? demanda le voyageur.

«—Luigi Vampa, répondit le pâtre du même air qu'il eût répondu: Alexandre, roi de Macédoine. Et vous?

«—Moi, dit le voyageur, je m'appelle Simbad le marin.»

Franz d'Épinay jeta un cri de surprise.

«Simbad le marin! dit-il.

—Oui, reprit le narrateur, c'est le nom que le voyageur donna à Vampa comme étant le sien.

—Eh bien, mais, qu'avez-vous à dire contre ce nom? interrompit Albert; c'est un fort beau nom, et les aventures du patron de ce monsieur m'ont, je dois l'avouer, fort amusé dans ma jeunesse.»

Franz n'insista pas davantage. Ce nom de Simbad le marin, comme on le comprend bien, avait réveillé en lui tout un monde de souvenirs, comme avait fait la veille celui du comte de Monte-Cristo.