—Ma foi, oui, mon cher! J'étais comme vous mais l'éloquence du comte me décide.
—Allons-y donc, puisque vous le voulez, dit Franz; mais en me rendant place del Popolo, je désire passer par la rue du Cours; est-ce possible, monsieur le comte?
—À pied, oui; en voiture, non.
—Eh bien, j'irai à pied.
—Il est bien nécessaire que vous passiez par la rue du Cours?
—Oui, j'ai quelque chose à y voir.
—Eh bien, passons par la rue du Cours, nous enverrons la voiture nous attendre sur la piazza del Popolo, par la strada del Babuino; d'ailleurs je ne suis pas fâché non plus de passer par la rue du Cours pour voir si des ordres que j'ai donnés ont été exécutés.
—Excellence, dit le domestique en ouvrant la porte, un homme vêtu en pénitent demande à vous parler.
—Ah! oui, dit le comte, je sais ce que c'est. Messieurs, voulez-vous repasser au salon, vous trouverez sur la table du milieu d'excellents cigares de la Havane, je vous y rejoins dans un instant.»
Les deux jeunes gens se levèrent et sortirent par une porte, tandis que le comte, après leur avoir renouvelé ses excuses, sortait par l'autre. Albert, qui était un grand amateur, et qui, depuis qu'il était en Italie, ne comptait pas comme un mince sacrifice celui d'être privé des cigares du café de Paris, s'approcha de la table et poussa un cri de joie en apercevant de véritables puros.