—A-t-on envoyé chez le pharmacien quelque ordonnance qu’on ne m’ait pas soumise?

—Aucune.

—Mme de Saint-Méran avait-elle des ennemis?

—Je ne lui en connais pas.

—Quelqu’un avait-il intérêt à sa mort?

—Mais non, mon Dieu! mais non; ma fille est sa seule héritière, Valentine seule.... Oh! si une pareille pensée me pouvait venir, je me poignarderais pour punir mon cœur d’avoir pu un seul instant abriter une pareille pensée.

—Oh! s’écria à son tour M. d’Avrigny, cher ami, à Dieu ne plaise que j’accuse quelqu’un, je ne parle que d’un accident, comprenez-vous bien, d’une erreur. Mais accident ou erreur, le fait est là qui parle tout bas à ma conscience, et qui veut que ma conscience vous parle tout haut. Informez-vous.

—À qui? comment? de quoi?

—Voyons: Barrois, le vieux domestique, ne se serait-il pas trompé, et n’aurait-il pas donné à Mme de Saint-Méran quelque potion préparée pour son maître?

—Pour mon père?