«Le général parut éprouver un frémissement nerveux qui l’empêcha de répondre pendant quelques secondes; enfin, surmontant une répugnance manifeste, il prononça le serment exigé, mais d’une voix si basse qu’à peine on l’entendit: aussi plusieurs membres exigèrent-ils qu’il le répétât à voix plus haute et plus distincte, ce qui fut fait.
«—Maintenant, je désire me retirer, dit le général; suis-je enfin libre?
«Le président se leva, désigna trois membres de l’assemblée pour l’accompagner, et monta en voiture avec le général, après lui avoir bandé les yeux. Au nombre de ces trois membres était le cocher qui l’avait amené.
«Les autres membres du club se séparèrent en silence.
«—Où voulez-vous que nous vous reconduisions? demanda le président.
«—Partout où je pourrai être délivré de votre présence, répondit M. d’Épinay.
«—Monsieur, reprit alors le président, prenez garde, vous n’êtes plus dans l’assemblée, vous n’avez plus affaire qu’à des hommes isolés; ne les insultez pas si vous ne voulez pas être rendu responsable de l’insulte.
«Mais au lieu de comprendre ce langage, M. d’Épinay répondit:
«—Vous êtes toujours aussi brave dans votre voiture que dans votre club, par la raison, monsieur, que quatre hommes sont toujours plus forts qu’un seul.»
«Le président fit arrêter la voiture.