—Mais où donc est le docteur! criait Villefort; où est-il?»

Mme de Villefort descendit lentement; on entendait craquer les planches sous ses pieds. D’une main elle tenait le mouchoir avec lequel elle s’essuyait le visage, de l’autre un flacon de sels anglais.

Son premier regard, en arrivant à la porte, fut pour Noirtier, dont le visage, sauf l’émotion bien naturelle dans une semblable circonstance, annonçait une santé égale; son second coup d’œil rencontra le moribond.

Elle pâlit, et son œil rebondit pour ainsi dire du serviteur sur le maître.

«Mais au nom du Ciel, madame, où est le docteur? il est entré chez vous. C’est une apoplexie, vous le voyez bien, avec une saignée on le sauvera.

—A-t-il mangé depuis peu? demanda Mme de Villefort éludant la question.

—Madame, dit Valentine, il n’a pas déjeuné, mais il a fort couru ce matin pour faire une commission dont l’avait chargé bon papa. Au retour seulement il a pris un verre de limonade.

—Ah! fit Mme de Villefort, pourquoi pas du vin? C’est très mauvais, la limonade.

—La limonade était là sous sa main, dans la carafe de bon papa; le pauvre Barrois avait soif, il a bu ce qu’il a trouvé.»

Mme de Villefort tressaillit. Noirtier l’enveloppa de son regard profond.